samedi 8 février 2014

Le Pendu de la Porte Saint-Martin, le polar feuilleton : Chapitre 10

Nous avons pris un peu de retard mais voici la suite du polar-feuilleton de Christine Matéos intitulé Le Pendu de la Porte Saint-Martin. Si vous avez raté le début, retrouvez
le prologue | • les chapitres 1 et 2 | • les chapitres 3 et 4 | • les chapitres 5 et 6 | • les chapitres 7 et 8 | • Chapitre 9
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Chapitre 10

Christian, Lauger et le sergent Martin arrivèrent à l’auberge alors que l’on entendait déjà la diligence approcher. Comme elle s’y attendait, Clotilde reconnut dans ce dernier l’homme au journal qui avait fait avec eux le chemin de Paris à Harfleur sans desserrer les dents, ou presque. Elle eut bien du mal à ne pas se précipiter vers eux, mais elle parvint à se contrôler. Christian n’était pas menotté, comme elle l’avait redouté, et elle en sut gré au commissaire. Ils avaient l’air de voyageurs comme les autres. Personne n’aurait pu deviner qu’il y avait parmi eux deux policiers et un prisonnier. Ils s’installèrent dans la voiture sans échanger un seul mot. Christian et Lauger côte à côte, Clotilde et le sergent Martin en face. Deux hommes et une femme étaient déjà assis au fond, mais Clotilde ne leur prêta aucune attention. La jeune fille somnola pendant tout le voyage. Elle avait délibérément fermé les yeux dès le départ, pour ne pas être tentée de regarder Christian et ne pas risquer de se trahir. De cette manière, elle évitait aussi de regarder Lauger, dont la présence la troublait de plus en plus, bien qu’il se soit montré toujours aussi froid envers elle quand ils s’étaient retrouvés dans la cour de l’auberge. La fatigue aidant, elle avait rapidement sombré dans une torpeur profonde, dont elle ne sortait qu’à peine à chaque halte. Même lorsqu’un voyageur supplémentaire rejoignit la voiture à l’un des relais, c'est tout juste si elle le remarqua. Parfois, le sommeil l’emportait réellement. Un sommeil peuplé de rêves si proches de la réalité, qu’elle ne savait pas, en reprenant conscience, si elle avait rêvé ou imaginé Elle voyait Lauger pénétrer dans la chapelle funéraire des Heurteville, en pleine nuit ; elle entendait grincer la porte du cimetière ; elle voyait Benjamin dans la maison de Saint-Martin du Manoir, jouant avec sa sœur… Parfois, il lui semblait sentir encore les mains de Lauger serrant quelques instants les siennes dans la petite chambre sombre et leur chaleur se répandre dans tout son corps, puis, pensant à la froideur qu’il lui manifesterait le plus souvent, elle se demandait si elle n’avait pas seulement rêvé ce geste.

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